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| VEN | 26 MAI / 20:15 >> Théâtre Gérard Philipe / Saint-Denis / Salle Roger Blin | |
| SAM | 27 MAI / 18:30 | |
| DIM | 28 MAI / 20:00 | |
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LLUIS AYET ET RITA QUAGLIA France / Asso Acta "BLEU DE TERRE ROUGE" Durée : 60 minutes Création |
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Conception, chorégraphie et interprétation : Rita Quaglia et Lluis Ayet Matériaux photographiques : Didier Ben Loulou installation lumière : Luca Ruzza Partition sonore : Eiji Nakazawa Collaboration artistique : Toni Cots |
| « Les images nous hantent, nous agressent, nous fascinent... Elles encombrent notre corps, nos rêves et nos pensées car elles mettent notre regard à l’épreuve d’une absence : explosantes ou évanescentes, elles meurent aussi sous forme de clichés. Pourtant, c’est grâce au processus imaginaire que s’inventent la figure humaine et la possibilité d’un semblable. » (François Noudelmann, Image et Absence) Que se passe-t-il dans la mise en présence d’un corps et d’un lieu, quand ce lieu est chargé d’une force symbolique ? C’est cette question qui a guidé la recherche de Rita Quaglia et Lluis Ayet, en collaboration avec le photographe Didier Ben Loulou, en vue de redessiner une géographie secrète de Jérusalem. Isolant des morceaux du corps, des extraits de lieux difficilement localisables, et questionnant la présence du sacré – l’énigme de ce qui le révèle – ses photographies ont alimenté leur projet. La photo a le pouvoir de révéler un hors-champ, de retirer le sujet de l’image pour figurer une absence. Elle pose une contradiction entre l’invisible, le sensible, enrobant les corps, et le détail dans l’image « qui nous attire ou nous blesse. » Cette contradiction est redoublée par deux dimensions temporelles : celle de la photo qui retient la trace d’un « c’est passé », et la danse qui se dirige vers un « pas encore là ». Le corps cherche à établir un battement entre elles, pour s’approprier son image perdue, passée, incrustée ailleurs, pour la rapatrier là. Il cherche à faire apparaître sa disparition. Une autre vie, imaginaire, murmure en hors-champ, vient toucher les corps perdus dans leur propre « être là ». Comment provoquer du mouvement dans les contractions du temps immobile que convoque la photographie ? Cette recherche s’effectue dans une sorte d’écriture automatique, de manière à faire apparaître ce que André Breton appelait « la beauté convulsive », ce jaillissement issu du choc entre deux images que tout oppose, frottement érotique de deux « chairs d’images ». Coproduction : Asso Acta, Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Festival Montpellier Danse, Centre Chorégraphique National de Montpellier Languedoc-Roussillon – programme ReRc (résidence de recherche), Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne – accueil studio Avec le soutien à la diffusion d’Arcadi (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France) et de l’association Beaumarchais. How do you provoke movement in the frozen time of photography? Another imaginary life murmurs from beyond the frame, touching lost bodies in their very existence. The exploration is undertaken in the form of automatic writing to reveal what André Breton called “convulsive beauty”: the outpouring that results from the shock of two completely opposite images, or the erotic encounter of the flesh of two images. |
| Parcours de Lluis Ayet et Rita Quaglia Née à Naples, Rita Quaglia découvre la danse contemporaine en France dans les années 80, où son parcours d’artiste interprète commence avec Régine Chopinot. En 1988, elle intègre le Studio DM dirigé par Bernardo Montet et Catherine Diverrès, qu’elle accompagnera pendant 6 ans. En 1995, elle rejoint Mathilde Monnier au Centre Chorégraphique de Montpellier participant à toutes ses créations jusqu’en 1999. En 2003, elle chorégraphie Solo avec la collaboration de François Verret, sur une commande de la SACD et du Festival d’Avignon. La même année Francesca Lattuada lui propose la création de Ostinato, partition pour une danseuse seule. Dernièrement, Catherine Diverrès lui a confié l’interprétation de son solo Stance II. Parallèlement à son parcours d’interprète, elle collabore depuis 1990 avec Lluis Ayet, avec qui elle réalise et interprète un grand nombre de duos et de pièces de groupe, entre autres : Ich bin dir müde (1999) pour les 7è Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Si la pièce est trop courte, nous y rajouterons un rêve (2001) pour le festival Montpellier Danse et Temps d’absence ordinaire ou l’atteinte picnoleptique (2002). Barcelonais d’origine, Lluis Ayet découvre la danse contemporaine alors qu’il entreprend des études d’architecture. Après la formation pluridisciplinaire de Mudra à Bruxelles, il travaille avec Francesca Lattuada. Suivra l’expérience avec le Studio DM de Catherine Diverrès et Bernardo Montet, entre 1988 et 1994. Installé à Montpellier depuis 1995, il participe à plusieurs créations de Mathilde Monnier et développe de nombreux projets pédagogiques. Il réalise à partir de 1990, avec la complicité de Rita Quaglia, plusieurs pièces courtes. En 1995, il fonde l’association Acta. Parmi ses créations : Sapore Sapere (1997), L'Emballage et Not yet (duo avec Rita Quaglia) en 1999 ; Ich bin (dir) müde lauréat des 7è Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis en 2000 ; le projet Jardins, Secrets avec des textes de Camille Lorens et Si la pièce est trop courte, nous y rajouterons un rêve pour le festival Montpellier Danse en 2001 ; 500 visages environ pour le jeune ballet du C.N.M.D de Lyon en 2002 ; L’atteinte picnoleptique, une pièce collective avec Thierry Baë et Rita Quaglia en 2002 ; le projet N’aller nulle part, la création les Mathématiciens et les poètes ont un faible pour les silences avec les étudiants du C.N.D.C d’Angers en 2004. Son dernier solo Animalada à été présenté aux Rencontres chorégraphiques de Carthage à Tunis en 2005. | ||
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Quelques questions à Lluis Ayet et Rita Quaglia à propos de "bleu de terre rouge" Il y a eu une première étape de travail à Jérusalem avec le photographe Didier Ben Loulou. Est-ce qu'il en reste des traces dans le spectacle ? RQ : Cette recherche et la pièce sont deux choses parallèles - j'essaie de ne pas trop les mélanger. Ce qui reste de cette recherche - basée sur la question des traces du sacré - se retrouve plutôt sous la forme d'une absence, d'une dissolution. Comment l'expérience se dissout et devient une absence qui laisse la place à l'apparition de quelque chose de nouveau. Nous avons travaillé sur l'impression – il faut entendre le mot dans toutes ses acceptations, même chimique : l'impression que l'expérience laisse en nous... tout ce qui peut s'imprimer : sur un papier, une photo, en nous. Comment tout ça s'imprime et se dissout. LA : Le rituel photographique que Didier Ben Loulou imposait avec sa boîte magique dans les passages de la vieille ville de Jérusalem convoquait des tensions. Pour moi, le déclencheur de l'appareil photo, l’intensité de la lumière, le geste immobile du photographe, les voix et les corps autour de l’action de photographier étaient des provocations à retenir. Et puis il y a aussi les rencontres avec Luca Ruzza, Toni Cots, Eiji Nakazawa… dont les regards sont assez étrangers à notre travail... C’est tout ça aussi qui amène la matière pour cette création. Est-ce que le travail scénique était une manière de faire ressortir ce que les photos avaient inscrit dans le corps ? LA : Il n'y a pas de relation figurative avec les images, la relation est plutôt avec l’expérience de l'acte de photographier dans cette ville. Sur scène, plutôt que de donner à voir des images, ce sont les supports sur lesquels les photos sont projetées qui donnent sens aux actions. Ce qui nous est familier dans les photographies, c'est le travail du détail - qui va à l’encontre des corps. Cela crée une sorte d'anonymat dans les situations données ; les visages ne sont jamais reconnaissables, ils se confondent avec les murs, le geste prend tout son poids dans ces actions anonymes. RQ : Ce qui se produit entre les matières, ce n'est pas tant une fusion qu'une tension. C'est ce qui se répercute dans le travail scénique : nous travaillons toujours l'espace scénique comme un jeu de tensions. Tension entre les corps, les lumières, le son... La photographie convoque un temps contracté. Est-ce que vous vouliez faire s'écouler le temps dans l'espace scénique ? RQ : Nous n'avons pas essayé d'illustrer ou de retrouver un moment, mais plutôt d'ouvrir autour de ce moment : donner un hors-champ. Quand on voit une photo, on oublie presque le moment qui l'entoure. Si le corps doit témoigner de quelque chose, ce ne sera pas de l'instant de la photo, mais plutôt de ce qui l'a accompagné – sans jamais tomber dans l'illustration. Une traversée de ce moment-là : réactualiser un passé, l'inscrire dans un présent avec en perspective un futur. La notion de picnolepsie revient dans votre travail. Lorraine Verner la définit comme «l'enlèvement perpétuellement répété du sujet hors de son contexte spatio-temporel ». Qu'est-ce qui vous intéresse dans cette notion ? LA : Ce mot vient d'un livre de Paul Virilio, « Temps d'absence ordinaire ». C'était un point de départ pour la création précédente. Nous avions travaillé sur l'oubli d'un instant. RQ : En fait, ce qui est important, c'est ce qui se passe dans ce moment-là. Dans cet état de détachement du réel, dans cette absence. Il y a fondamentalement trop d'images qui nous encombrent, et dans ce moment d'absence, il y a comme un vide qui se crée, et c'est dans ce vide que l'on peut aller ailleurs. Je pense que c'est là qu'il peut y avoir une relation. On essaie de se vider de certaines images – pour en faire apparaître d'autres. De quoi se libère-t-on et vers quoi va-t-on ? Ça reste dans le secret de la création. Etre totalement dans le vide, c'est impossible, même dans cet état de picnolepsie. Il y a certaines choses qu'il faut quitter pour permettre à d'autres d'apparaître. C'est la question qui se posait à Jérusalem. C'est un sujet d'actualité très fort, et quand on va là-bas, il faut essayer de découvrir une autre ville. Pouvez-vous me dire la signification du titre ? RQ : Mélange, fusion et tension de couleur... Propos recueillis par Gilles Amalvi. | ||